Groupement forestier et incendies de l'été 2026 : ce qu'il faut savoir avant d'investir
L'été 2026 restera dans les mémoires des forestiers. Selon les données satellitaires européennes (EFFIS) relayées par la presse, près de 100 000 hectares ont brûlé en France depuis janvier, un niveau jamais atteint en vingt ans de mesures. Quand on a dans son patrimoine des parts de forêt, ou qu'on envisage d'en acheter, une question s'impose : que devient mon placement si la forêt brûle ?
Les chiffres de l'été 2026
En France, le feu parti de Saumos, en Gironde, le 22 juillet, a ravagé plus de 37 000 hectares dans le secteur du Porge, et plus de 220 000 personnes ont été évacuées (Reporterre, septembre 2026). D'autres massifs ont été touchés, dont la forêt de Fontainebleau sur plus de 2 000 hectares.
En Europe, l'ensemble des feux a dépassé 637 000 hectares début septembre selon Reporterre, qui s'appuie sur EFFIS. L'Espagne est le pays le plus touché, avec environ 300 000 hectares brûlés depuis janvier. Le Royaume-Uni, la Belgique et l'Italie ont aussi connu des feux importants.
Pour les assureurs, le premier bilan publié fin août par France Assureurs évoque près de 500 millions d'euros de sinistres, sur environ 25 000 dossiers. C'est un chiffre provisoire, qui peut encore évoluer. À titre de comparaison, l'été 2022 avait représenté environ 80 millions d'euros.
Ces chiffres varient selon les sources et les dates, car les bilans ne sont pas encore définitifs.
Un groupement forestier, c'est quoi
Un groupement forestier (GF ou GFI) est une société qui détient des parcelles de forêt. Vous achetez des parts, une société de gestion s'occupe de la forêt : entretien, coupes, replantations, vente du bois. Vous n'avez pas à gérer vous-même la forêt.
Ce placement séduit pour deux raisons fiscales. À l'entrée, une réduction d'impôt de 18 % est possible dans la limite de 5 700 € investis pour une personne seule, 11 400 € pour un couple (dispositif DEFI Forêt, conditions à vérifier). En transmission, les parts bénéficient d'un abattement de 75 % de leur valeur en cas de donation ou de succession. Ce sont des avantages fiscaux réels, mais ils ne protègent pas la valeur de la forêt.
La vidéo : bilan des incendies 2026 et gestion du risque
France Valley, l'une des sociétés de gestion de groupements forestiers, a publié un bilan des incendies de cet été et de la façon dont elle gère le risque. La vidéo placée en haut de cet article reprend sa présentation. Elle émane d'un acteur qui commercialise ce type de placement : elle s'écoute avec ce recul, comme toute communication d'une société de gestion.
Ce que disent les sociétés de gestion
Plusieurs sociétés de gestion indiquent qu'aucune de leurs forêts n'a été touchée à ce jour. France Valley précise gérer plus de 70 000 hectares, avec 64 hectares incendiés depuis 2013, soit moins de 0,09 % de la surface. Ces chiffres sont communiqués par la société elle-même et il est normal de les vérifier.
Les mêmes sociétés rappellent que la plupart des propriétaires forestiers ne sont pas assurés. Dans le cas de France Valley, la couverture varie de 10 % à 100 % de la valeur des peuplements selon les massifs, pour une moyenne de 30 %. Autrement dit, une forêt peut être assurée sans que le contrat couvre l'intégralité de la valeur.
Les questions à poser avant d'investir
- ●Quelle part de la valeur des forêts est réellement assurée contre l'incendie et la tempête, et à quelles conditions ?
- ●Où sont situés les massifs, et sont-ils répartis sur plusieurs régions plutôt que concentrés au même endroit ?
- ●Quelle est la politique de prévention (pistes, débroussaillage, choix des essences, âge des peuplements) ?
- ●Que se passe-t-il pour le porteur de parts en cas de sinistre : baisse de la valeur des parts, absence de revenus, nouvelle plantation ?
- ●Quelle est la durée de détention imposée, et comment sortir avant le terme ?
Ce que cela change pour un investisseur
Les incendies de cet été ne remettent pas en cause l'intérêt d'une forêt dans un patrimoine, mais ils rappellent ce qu'est ce placement : un actif réel, de très long terme, exposé aux risques naturels. Un feu, une tempête ou une maladie peuvent détruire une partie des arbres, et l'assurance ne couvre pas forcément toute la perte.
Retenez trois règles. Ne mettez qu'une part limitée de votre patrimoine dans la forêt. Choisissez la société de gestion sur la qualité de sa gestion du risque, pas sur le seul avantage fiscal. Ne comptez pas sur l'économie d'impôt pour compenser un risque que vous n'avez pas compris.
Points clés à retenir
• Plus de 37 000 hectares brûlés dans le seul feu de Gironde de juillet 2026, près de 100 000 hectares en France depuis janvier selon la presse, d'après les données satellitaires EFFIS. • Le groupement forestier offre une réduction d'impôt de 18 % (plafonds 5 700 € ou 11 400 €) et un abattement de 75 % en transmission, sous conditions. • Le capital n'est pas garanti, la liquidité est limitée, et l'horizon recommandé est d'au moins 8 ans. • L'assurance contre l'incendie existe mais couvre rarement la totalité de la valeur : c'est la première question à poser.
Un groupement forestier a-t-il sa place dans votre stratégie ?
Cela dépend de votre impôt, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Si vous voulez regarder ensemble si ce placement a du sens pour vous, un échange de 30 minutes suffit : https://calendar.app.google/eJcLr4y4oJfUmjru6
Information à caractère pédagogique et promotionnel, sans valeur contractuelle et sans conseil personnalisé. Le groupement forestier est un placement de diversification à long terme : le capital n'est pas garanti, la liquidité est limitée, et les avantages fiscaux dépendent de votre situation et de la réglementation en vigueur. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le cabinet peut être rémunéré par les sociétés de gestion partenaires sur les souscriptions. Sources : Reporterre (2 septembre 2026), France Assureurs via feuxdeforet.fr (28 août 2026), France Valley via meilleurescpi.com.